Pourtant je t’ai tout dit pour commencer j’avais du mal tout se réveillait au fur et à mesure que je tirais le fil et je tirais la langue pour respirer un peu et reprendre souffle au bout  de mon corps. C’était déjà l’hiver proche de toutes les saisons de la mort, j’avais du mal à être avec moi et te parler à toi devant affluer avec mes arrières. Ma bouche s’ouvre sur ton corps. Je parle sur ton corps. Je lis tout à coup avec ma voix. La silencieuse, l’arrière, la tue.

Il n’y a plus de personnage dans cette histoire. Pourtant. Tu devrais la raconter, la sortir de la cendre. L’histoire existe, elle rôde sur nos lèvres. Quand je pense aux mots, ce sont des trous qui se creusent, des étouffements, des nuits graves. Je choisis des mots pour te parler. Il y en a peu, il en reste peu, peut-être parce que je ne les vois pas, peut-être parce que tu ne les entends pas, peut-être parce que j’existe de moins en moins peut-être parce qu’ils n’existent pas. Mais quelque chose de moi doit exister pour te parler et vivre. Malgré moi le corps ponctue son vide, s’invente une bouche, un commencement qui ne s’abandonne pas à la douleur, à l’effacement. Parle-moi, tiens moi éveillé. Je veux sentir tes lèvres dans ma voix. Mordre. Empêcher que l’absence ne se referme sur des mots, sur une histoire, un commencement. Dans le commencement, je sais qu’il y aura toujours la douleur de la fin, comme la sentinelle d’une aube déjà morte, la rupture d’un tendon desséché.

Ca commence par la tête comme naître. Le jour frappe. La lumière entre dans le noir, elle te coupe. Tu tombes dans le monde. Tu cris quand tu sors au jour comme plus tard,à d’autres moments aussi, tu sors du rêve par le haut. Le monde m’ouvre à ses lèvres. Il n’y pas encore de mots ni cette distance entre nous qui fond dans la bouche. Puis écrire, partir de toi, du proche précipité, déchiré, insupportable, sans les racines, les craquements qui sont dedans comme la bête désignée au commencement des jours et des mers. Ecrire le même c’est cela mourir.

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