Enivrée, abandonnée, sur un lit dur et étroit

dans un appartement loué, une chambre sans lumière,

je dormais dans le poison d’un cœur brisé.

J'écrivais les nuits , pour déraciner

le souvenir qui  m’arrachait le cœur.

Le matin le soleil devenait la couverture de mes jambes

après que la nuit la matière chaude des mots avait coulé dans mes veines

sans corps pour cimenter la vie au cœur du néant.

La nuit je préférais le mensonge au fouet de la vérité

sur des oreilles arrachées les mots se fondaient dans

une langue réparatrice des fractures, ils étaient une matière

fluide dans mes veines sans corps pour créer des mondes de vie.

Je pouvais pleurer,  l'encre accroissait l’inondation.

La nuit le mot a surgi en moi, une parole disparue

a ensorcelé les phrases, ponctué les silences,

jusqu’à ce qu’à la première lueur les oiseaux du paradis,

me sont tombés sur la tête, des pensées couleur de feu.

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